Idées de publications PME : un projet client, un mois de contenu
Par l'équipe Acteurly · · 8 min de lecture
Un seul projet client fournit 12 publications si vous le captez pendant qu'il se passe : quatre moments (départ, milieu, livraison, retour), trois publications par moment. Comptez environ 15 minutes de prises et une note vocale à chaque moment, puis 15 minutes de rédaction par publication. Faites signer une permission séparée du contrat, une case par usage, avant la première photo.
Jeudi, 16 h 40 : le meilleur contenu du mois part au conteneur
Jeudi, 16 h 40, dans une cuisine de Sherbrooke. Sous l'ancien comptoir, votre employé découvre le fond de l'armoire d'évier pourri par une fuite lente. Il répare, nettoie, et tout part au conteneur.
Trois semaines plus tard, vous publiez une seule photo de la cuisine terminée : « Encore une belle réalisation! » La fuite, l'évier déplacé, la cliente qui ne cuisinait plus dans cette pièce : rien de tout ça n'existe plus, parce que personne ne l'a capté.
Notre position : une PME ne manque pas d'idées de publications, elle manque de matière captée au bon moment. Un seul projet client contient un mois de contenu, si vous le documentez pendant qu'il se passe, avec la permission du client avant la première photo. Chercher des idées le dimanche soir, c'est fouiller un projet déjà terminé.
La grille 4 × 3 : quatre moments, douze publications
La grille 4 × 3 découpe un projet en quatre moments de capture, qui fournissent chacun trois publications.
- Le départ (visite, signature) : l'avant, le problème vécu par le client, la décision (les options étudiées, et pourquoi celle-ci).
- Le milieu (le jour où c'est le plus laid) : l'étape que personne ne voit, l'imprévu ou l'erreur évitée, la personne derrière le travail.
- La livraison : l'après, les chiffres du projet (jours, quantités), les coulisses (outils, nettoyage).
- Le retour, deux ou trois semaines plus tard : les mots du client, la question qu'il vous a posée, le récapitulatif.
L'avant et l'après n'occupent que deux cases sur douze. La décision, l'imprévu et la question du client montrent votre jugement, et c'est ce jugement que le client achète. N'importe quel concurrent peut montrer une belle cuisine ; vous seul pouvez expliquer pourquoi l'évier a bougé de 30 cm.
La grille déborde de la rénovation. Pour le nouveau menu d'un restaurant : le produit choisi chez le fournisseur, l'essai raté, le premier service, les commentaires de la semaine. Pour une implantation B2B : le diagnostic, la configuration, la mise en service, les résultats après un mois. Pour une clinique, la grille s'applique aussi, avec les précautions décrites plus bas.
Quoi capter sur place, et quoi demander au client
Bloquez quinze minutes à chacun des quatre moments. Cette liste suffit à remplir la grille :
- Le même angle, avant et après. Notez où vous vous teniez. Une prise à l'horizontale, une à la verticale.
- Les détails à hauteur de main : le matériau, la pièce abîmée, l'outil. Ils expliquent souvent une décision.
- Une vidéo de 10 à 20 secondes par moment, sans parler.
- Une note vocale de 60 secondes dans le camion : ce qui vous a surpris, ce que vous avez décidé, pourquoi.
Au client, posez trois questions et notez ses mots exacts, pas votre résumé :
- « Qu'est-ce qui vous a décidé à appeler maintenant? »
- « Qu'est-ce qui vous inquiétait le plus? »
- au retour : « Qu'est-ce que vous dites quand vous montrez le résultat à vos proches? »
Ces notes vocales sont votre vraie matière première. Un outil d'IA en tirera douze brouillons bilingues en quelques minutes ; il ne peut pas inventer la fuite derrière l'armoire. Les lignes directrices de Google sur le contenu utile demandent d'ailleurs si un contenu démontre une expertise acquise sur place et apporte des informations véritablement originales. Les assistants IA ont lu mille textes génériques sur les cuisines ; votre chantier de Sherbrooke, jamais. Avant de coller une note dans un outil d'IA, retirez-en le nom et l'adresse du client.
La permission, avant la première photo
Demandez la permission à la signature : à la fin, la question devient gênante ; au début, c'est une formalité parmi d'autres.
Deux textes encadrent la question au Québec. Le Code civil interdit de porter atteinte à la vie privée d'une personne sans son consentement (art. 35) et compte parmi ces atteintes le fait d'utiliser son nom, son image ou sa voix à une autre fin que l'information légitime du public (art. 36). La loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, modifiée par la Loi 25, exige un consentement manifeste, libre, éclairé, donné à des fins spécifiques et demandé pour chaque fin (art. 14) ; un renseignement recueilli pour faire le travail ne sert à votre marketing qu'avec ce consentement, sauf exceptions (art. 12). La Commission d'accès à l'information ajoute qu'une demande écrite doit être distincte des autres informations.
En pratique : une feuille séparée du contrat, une case par usage.
- Photos des lieux, sans personne.
- Photos ou vidéos où le client apparaît.
- Son prénom et sa ville, jamais l'adresse.
- Ses mots cités.
- La durée, et comment faire retirer une publication s'il change d'avis.
Avant de publier, inspectez le cadre : numéro civique, plaque d'immatriculation, photos de famille, courrier. Et ne publiez jamais en direct : ce serait annoncer une maison en chantier, souvent vide en journée. Une semaine de décalage suffit, et vous connaîtrez la fin de l'histoire.
Trois cas demandent plus de prudence. Un renseignement de santé est sensible : le consentement doit être exprès (art. 12). Le code de déontologie des physiothérapeutes, en vigueur depuis janvier 2026, leur demande de ne pas révéler, y compris sur les médias sociaux, qu'une personne a fait appel à leurs services (art. 45). Si vous êtes membre d'un ordre professionnel, consultez-le avant toute histoire de patient. Pour un enfant de moins de 14 ans, le parent ou le tuteur consent (art. 14). Information générale : faites relire votre formulaire par un avocat.
Reste la langue. L'Office québécois de la langue française rappelle que les consommateurs ont le droit d'accéder à du contenu en français sur les médias sociaux d'une entreprise. Rédigez chaque publication en français, avec l'anglais à la suite si votre clientèle est bilingue ; citez tel quel un client anglophone, avec la traduction.
Exemple : une cuisine, quatre semaines de publications
Prenons une ébénisterie de deux personnes à Sherbrooke, un exemple fictif. Elle refait une cuisine en trois semaines et publie sur Facebook et Instagram, avec une semaine de décalage sur le chantier.
| Quand | Publication | Ce qu'on montre |
|---|---|---|
| Sem. 1, lundi | 1. Le départ | L'avant, pris du futur angle de l'après |
| Sem. 1, mercredi | 2. Le problème | Les mots de la cliente : « Je ne cuisinais plus ici » |
| Sem. 1, vendredi | 3. La décision | Carrousel : deux plans, pourquoi l'évier a bougé |
| Sem. 2, lundi | 4. L'étape invisible | Vidéo de 15 s : la mise à niveau des caissons |
| Sem. 2, mercredi | 5. L'imprévu | L'armoire pourrie, puis la réparation |
| Sem. 2, vendredi | 6. La personne | L'employé qui a trouvé la fuite, en une phrase |
| Sem. 3, lundi | 7. L'après | Même angle que la n° 1, aussi sur la fiche Google |
| Sem. 3, mercredi | 8. Les chiffres | 15 jours ouvrables, 22 caissons, une fuite |
| Sem. 3, vendredi | 9. Les coulisses | Le nettoyage du dernier jour |
| Sem. 4, lundi | 10. Les mots du client | Citation et photo, avec accord écrit |
| Sem. 4, mercredi | 11. La question | « Combien de temps sans cuisine? », aussi sur la fiche Google |
| Sem. 4, vendredi | 12. Le récap | Carrousel du projet complet |
Le temps, avec des hypothèses à ajuster : capture, 4 moments × 15 minutes = 1 heure ; rédaction à partir de brouillons IA relus, 12 × 15 minutes = 3 heures. Total : 4 heures par mois, une heure par semaine. Partir d'une page blanche, à 30 minutes par publication, prendrait 6 heures, sans photo utilisable, pour douze publications que n'importe quelle ébénisterie aurait pu signer.
Le récap tient en une publication : Instagram accepte jusqu'à 20 photos et vidéos dans un même carrousel. Sur la fiche Google, les publications de plus de six mois sont archivées, sauf si une période est définie : un projet par mois garde la fiche vivante.
Pour choisir le projet, une règle : prenez celui que vous voulez revendre. Pas le plus spectaculaire : celui qui ressemble aux contrats que vous voulez.
Quand le projet ne se prête pas au jeu
Le client refuse. Respectez-le sans insister : un consentement doit être libre. Cinq cases restent possibles si rien ne permet de le reconnaître : l'étape invisible, l'imprévu, la personne, les coulisses et la question.
Le projet est confidentiel. En B2B, une entente de confidentialité exclut souvent noms et chiffres. Racontez le type de problème et votre méthode, et faites approuver le texte : une publication approuvée vaut mieux que douze refusées.
Le projet tourne mal. Arrêtez la série jusqu'à ce que le dossier soit réglé. Plus tard, avec l'accord du client, la leçon pourra devenir votre publication la plus crédible.
Enfin, la grille remplit un calendrier ; elle ne remplace ni une offre claire, ni des avis, ni une réponse rapide.
Votre plan pour le prochain projet signé
- Cette semaine : rédigez la feuille de consentement, une case par usage, et faites-la relire par un avocat (ou par votre ordre professionnel).
- Choisissez le prochain projet qui ressemble aux contrats que vous voulez, et créez dans votre cellulaire un album à son nom.
- À la signature : faites signer la feuille, prenez l'avant, notez votre position.
- À chaque moment : quinze minutes de prises, une note vocale de 60 secondes.
- À la livraison : faites transcrire les notes, demandez à l'IA douze brouillons bilingues, puis vérifiez chaque détail.
- Un mois plus tard : comptez les messages, appels et demandes de soumission qui mentionnent ce projet, pas les J'aime. Les trois cases les plus payantes guideront le prochain.
Questions fréquentes
Combien de publications par semaine une PME devrait-elle faire?
Il n'existe pas de chiffre officiel. Le bon rythme est celui que vous pouvez tenir trois mois de suite : trois publications par semaine tirées d'un même projet valent mieux que sept la première semaine, puis rien. Si trois c'est trop, publiez les six cases les plus fortes de la grille sur un mois.
Que publier quand je n'ai aucun projet en cours?
Reprenez un projet terminé. Vous avez sans doute quelques photos, et le moment « retour » fonctionne très bien un an plus tard : un appel au client, une photo de l'usage réel, ce qui a tenu ou non. Les questions reçues dans vos demandes de soumission font aussi d'excellentes publications, sans aucun client à identifier.
Doit-on indiquer le prix du projet dans la publication?
Seulement avec l'accord du client, et plutôt sous forme de fourchette pour ce type de travaux. Beaucoup de clients ne veulent pas que leurs voisins connaissent le montant. Une fourchette honnête attire les bonnes demandes et décourage celles qui ne cadrent pas avec votre budget habituel.
Quel format choisir : photo, carrousel ou vidéo?
Choisissez selon ce que la publication doit montrer. Un geste ou une étape se comprend mieux en courte vidéo, une décision entre deux options en carrousel, les mots du client en photo accompagnée d'un texte. Le récap, lui, profite du carrousel, qui peut réunir tout le projet en une seule publication.
Sources
- Google Search Central · Créer du contenu utile, fiable et axé sur les internautes
- LégisQuébec · Code civil du Québec (art. 35 et 36)
- LégisQuébec · Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (art. 12 et 14)
- Commission d'accès à l'information · Consentement des personnes concernées (entreprises privées)
- LégisQuébec · Code de déontologie des physiothérapeutes et des technologues en physiothérapie, C-26, r. 197.1 (art. 45), en vigueur le 1er janvier 2026
- Office québécois de la langue française · Langue du commerce et des affaires : vos droits
- Instagram Help Centre · Share multiple photos or videos in one post (up to 20)
- Google Business Profile Help · Create posts on your Business Profile